Harry Potter, un zèbre ?

Quand j’ai ouvert la première fois le premier tome de la saga d’Harry Potter, il m’a littéralement aspiré. Je n’ai pu reprendre mon souffle qu’au petit matin en le refermant sur la dernière ligne.
Un peu honteuse, je dois dire.

Comment avais-je pu, moi lectrice vorace, me faire avoir par un livre pour enfants?

J’ai avalé la suite avec la même gloutonnerie, à la porte de la librairie dès 9 heures le jour de parution, mentant même à mes enfants, sur la date d’achat pour en avoir la primeur.
Et il y a peu, après quelques synchronicités, mon arbre neurologique s’est mis en branle.

Il y a d’abord eu la conférence d’Olivier REVOL, pédopsychiatre à Lyon, spécialiste des «surdoués», nous racontant que les gamins avaient surnommé son service POUDLARD.

Quelques semaines plus tard, je me suis retrouvée devant un film relatant l’histoire de J.K. Rolling.
On y découvre une gamine incontestablement à haut potentiel, tant dans ses fulgurances que dans ses blocages.
Et comme jamais, deux sans trois.
Une patiente à qui je trouvais des allures de Zèbre, et à qui j’avais conseillé la lecture de «L’enfant surdoué» de Jeanne SIAUD-FACCHIN, m’a dit l’avoir lu comme elle avait lu, Harry Potter, impossible de le lâcher avant la dernière page.

Petite étincelle dans mes connexions et j’ai fait une toute autre lecture de la saga Potterienne.

  • Harry, en apparence, ressemble à n’importe quel enfant mais il se sent différent, inadapté.
  • Il se comporte de manière étrange, il ne peut l’expliquer ou le contrôler.
  • Sa famille ne le comprend pas.
  • Son oncle Vernon va jusqu’à dire que la Magie-Précocité, ça n’existe pas.
  • Son cousin Dudley en fait son souffre douleur, tout en ayant peur.
  • Sa tante Pétunia connaît son don, mais ne veut pas en entendre parler, elle a trop souffert enfant de la différence avec sa sœur, qui de manière indirecte en est morte.
  • Et puis la révélation, enfin, salvatrice : il est un Sorcier-Zèbre.
  • On lui interdit formellement d’utiliser son don avec les moldus-norme.
  • À son entrée à Poudlard , il cesse enfin d’être seul.
  • Dans un premier temps , il doute beaucoup, ne se voyant pas à la hauteur de son supposé don, il se voit comme un imposteur.
  • Harry est resté, jusque là, dans l’incompréhension de qui il était.
  • Il conteste l’autorité quand elle lui paraît injuste.
  • Son ami Ron, lui, le sait depuis toujours venant d’une famille de sorciers, et pourtant il estime être un cancre par rapport à sa fratrie.
  • Quant à Hermione, fille de moldus-norme, grâce à des parents bienveillants, au courant de son don, a pu s’épanouir pleinement, elle agace beaucoup les autres élèves par son côté « Mademoiselle-je-sais-tout ».

Dans l’armée de Dumbledore-Mentor, on retrouve d’autres profils de Sorciers-Zèbres :

  • la lunaire Luna Longwood qui voit ce qui est invisible aux yeux des autres, qui parle à ses amis imaginaires.
  • Neville Londubat, maladroit, terrorisé par sa grand-mère et en perte totale de confiance en lui.
  • La jolie Ginny Weasley, naïve.
  • Les jumeaux Weasley, insolents, provocateurs, de toutes les mauvaises blagues.

Harry, bébé a été victime du sorcier Voldemort incarnant le mal, depuis il ne peut empêcher les pensées de l’envahir, il n’arrive pas à couper, à «débrancher».
Il croit qu’il devient fou.
Il en vient même à se sentir rejeté, y compris de ses amis.
On lui prête de mauvaises intentions, parce qu’il parle Fourchelang.
Il est traité de menteur, quand il annonce le retour de Voldemort, de tricheur quand il participe malgré lui au tournoi de la coupe de feu, alors qu’il n’a pas l’âge, pour qui se prend t-il ?

Dans le corps professoral, Albus Dumbledore fait figure de sage et de mentor à Harry.

Remus Lupin ne s’est jamais épanoui, Severus Rogue, rejeté enfant à basculer dans la haine des autres, Sybille Trelawney extralucide-lucidité extrême, Hagrid est quelque peu boulimique.

Dans la saga, J.K.Rolling traite, de sujets chers au cœur des Sorciers-Zèbres: l’injustice, la mort, la quête de sens, l’immortalité, la différence et la normalité, le combat contre l’oppression, la tolérance.
Je n’ai fait qu’effleurer, sans doute, les liens que l’on pourrait faire entre les zèbres et les sorciers de Poudlard.
Mais une chose est certaine, Harry, reconnu et identifié, a pu dépasser ses souffrances et comme dans toutes les belles histoires, il a épousé sa zèbrette, Ginny. Ils furent très heureux et eurent plein de petits zébrillons…

Et pour la morale de l’histoire,
je laisse les derniers mots à Albus Dumbledore :

«Il faut choisir de faire ce qui est juste et non ce qui est facile.»