L’association

Zèbres, c’est ainsi que Jeanne SIAUD-FACCHIN, psychologue spécialisée, a pris l’habitude de désigner ces personnalités atypiques.

  • Comme les zèbres dont les rayures les distinguent des animaux de la savane, mais qui sont cependant uniques comme les empreintes digitales. Le zèbre, seul équidé que l’homme ne parvient pas à domestiquer et qui, lorsqu’il court, devient invisible par l’effet stroboscopique de ses rayures…
  • Zèbres encore, parce que ces animaux singuliers, ont besoin d’être en bande, en troupeau, entre eux, pour vivre et que les liens de proximité et de coopération sont centraux dans leur communauté de vie.
  • Zèbres enfin pour sortir de ce vocabulaire, lourd de sens erroné et de mythes néfastes : intellectuellement précoce, précoce, haut potentiel, surdoué… aucun ne convient, aucun n’exprime ce qu’il faudrait, d’emblée, comprendre.”

« Un Zèbre à Vitré »

 

Après quelques heures de recherches et de noms plus loufoques les uns que les autres, « Un Zèbre à Vitré » a semblé correspondre parfaitement à la problématique qui nous a réunis, tout d’abord pendant un an, en collectif et depuis peu en association.  » Un Zèbre…, parce que comme l’explique si bien Jeanne Siaud-Facchin, aucune autre dénomination ne décrit correctement le sujet. …à Vitré », pour une action que nous avons voulue locale, sectorisée au sud-est de l’Ille-et-Vilaine ; certains d’entre nous sont obligés d’envoyer leur enfant jusqu’à Marseille, faute de solution dans le secteur… Un zèbre à Vitré, c’est déjà perturbant, mais alors à Marseille, on ne vous dit même pas.  » Un Zèbre à Vitré « , pour parler du sentiment de solitude des parents devant la souffrance de leur enfant, perdu dans un monde qu’il ne comprend pas et regardé comme une bête curieuse.

Cette association a pour objectifs, par différents moyens d’aider à la reconnaissance et à la prise en charge de la précocité intellectuelle, tant d’un point de vue éducatif, parental que de la santé psychique. Nous sommes parents d’enfants ou adolescents qui ont été diagnostiqués dernièrement « Enfant Intellectuellement Précoce ». Un combat de longue haleine a été mené par chacun d’entre nous, sans savoir que cette précocité intellectuelle pouvait être la cause de tant de douleurs et de mal-être, ainsi que parfois de l’échec scolaire de nos enfants. Depuis que « nos enfants » ont été testés, la plupart vont beaucoup mieux ; les suivis psychologiques et autres thérapeutiques ont été adaptés à cette nouvelle donne, avec d’excellents résultats.

On considère qu’en ce moment même, 400 000 enfants scolarisés de 6 à 16 ans, en France, sont des hauts potentiels, 1 à 2 par classe. Ce chiffre ramené au département, est de 6 000. Au sud-est du département, plus de 1 000 enfants. La moitié d’entre eux est en difficultés scolaires. Un tiers ne mettra pas les pieds au lycée

Seulement 1% de ces enfants sont testés. Les autres sont dans la nature, souvent étiquetés à tort ; en total incompréhension du monde qui les entoure, de ses codes et obligations.
Leur rapport aux autres est biaisé, tant avec leur groupe d’âge qu’avec les adultes en charge de leur éducation.
La précocité n’est pas une étiquette, elle est leur identité, la reconnaître, c’est poser des jalons nécessaires à leur construction et à leur avenir.
Devant les faits, nous avons pris conscience de la méconnaissance du sujet, que ce soit au niveau de l’Éducation Nationale ou de la psychiatrie infantile, ainsi que des parents.
Une prise en charge rapide permet d’éviter des situations dramatiques pouvant aller jusqu’à la phobie scolaire, la déscolarisation, voire même des tentatives de suicides…
Dans un premier temps la sensibilisation des acteurs éducatifs nous semble être une priorité.
Des fiches de détection adaptées, maternelle-primaire et collège-lycée seront bientôt disponibles.
Elles pourront être un support concret pour tous les professionnels concernés (enseignants, infirmières scolaires, psychologues, directions d’établissement, CPE, médecins traitants…).

Dans un deuxième temps, nous aimerions que des équipes soient formées au sein des établissements scolaires (maternelle/primaire et secondaire) pour une prise en charge globale et continue, tout au long de la scolarité de ces enfants en difficulté. Actuellement, il y a très peu de solutions proposées… Nous avons actuellement l’appui et le soutien de Pierre Méhaignerie et des élus de Vitré. Être différent «hors norme» depuis toujours sans l’avoir su conduit à une comparaison aux autres, qui fait se sentir « anormal ». Cette anormalité conduit à une faible estime de soi, parfois associée à d’autres troubles; leur perfectionnisme allié à une grande lucidité ne leur permet pas de se reconnaître dans cette définition du surdoué. Si ils se reconnaissent aisément dans les troubles, peu se sentent intelligents, bien au contraire.

« On ne peut se penser intelligent, quand on mesure ses propres faiblesses avec la lucidité aiguë du surdoué, qui ne lui permet aucun aveuglement  » dit Arielle ADDA, psychologue spécialisée dans la surdouance.