Le jeu de rôle : Développement, rééducation et thérapie

Le jeu de rôle est un fantastique outil dans le développement tout au long de notre vie mais également en rééducation ou en thérapie. Le sujet mériterait un livre complet, mais voici quelques éléments qui vous donneront envie de creuser un peu plus le sujet, je l'espère.

» C'est quoi le jeu de rôle ? C'est avant tout un jeu de société avec une finalité ludique.

 C'est un jeu de société donc, où les participants vont interpréter un personnage dans un environnement fictif. Cet univers fictif peut être réaliste et correspondre au notre ou être futuriste, fantastique...

Un maître du jeu (le meneur, si l'autre terme vous inquiète) est celui qui anime le jeu . Il prépare d'avance un scénario sur lequel les joueurs vont influer par la prise de décision. Un scénario est donc une trame d'histoire, mais seules les actions et les décisions des joueurs vont en décider la fin.

 

Mais pourquoi on ferait du jeu de rôle ? le jeu de rôle travaille « quelques fonctions ». Avant de vous en présenter les principales, pour ceux qui continuent à marmonner « c'est un truc de marginaux » sachez qu'une étude a mis en avant que le jeu de rôle (JdR pour les intimes) est essentiellement pratiqué par des personnes ayant un niveau d'étude élevé. Voilà un petit aperçu de ce qu'aborde le jeu de rôle. De manière intrinsèque : (Juste en jouant quoi)

La résolution de problème : Le scénario est une trame générale, avec un objectif a atteindre et tout un tas de pièges à éviter et d’événements et d’énigmes à résoudre. A vous de gérer leur difficulté, le nombre d'éléments à prendre en compte et leur éloignement dans le temps. Et la résolution de problème, ça aide dans la vie de tous les jours, mais également en math, en physique, en chimie..

La planification Dans le même ordre d'idée les personnages connaissent leur point de départ et leur objectif de fin. A eux de définir le meilleur moyen pour y parvenir et les étapes nécessaires

. La flexibilité mentale : Une fois cette planification faite, ils vont être confronté au principe de réalité, a savoir que dans le jeu comme dans la vie cela ne se passe pas toujours comme prévu. Cela force le cerveau a devoir abandonner une stratégie validée comme bonne précédemment pour prendre en compte de nouveaux éléments et en élaborer une nouvelle, plus ou moins éloignée.

La coopération et la gestion des conflits : Le jeu de rôle est un jeu de groupe, à faire en coopération. On réussi en groupe ou on échoue tous. On peut décréter que notre groupe c'trop des relou et partir en solo, mais cela ne marche jamais hein. Il est donc nécessaire de communiquer, de faire des choix, des concessions même quand on est pas d'accord, même quand ça nous agace. C'est une très bonne occasion d'accompagner cette communication pour la rendre fonctionnelle et non conflictuelle.

L'empathie et la gestion émotionnelle C'est aussi l'occasion d'aborder l'empathie des autres membres du groupe. Dire « c'est débile » cela ne fait pas le même effet que dire « je n'aurais pas du tout fait comme ça ». Et ce même si on est vraiment pas content. Les capacités d'empathie et de compréhension de la psychologie des personnages non joueurs vont également être importantes pour les scénarii eux même, car elles fourniront d'importantes informations pour la résolution de problème.

La pensée contrefactuelle : C'quoi ça ? C'est la capacité à réfléchir à des situations hypothétiques, qui ne se produiront pas forcement. Dans la vie de tous les jours c'est quand même un peu pratique d'avoir la capacité d'envisager pleins de situations et nos possibilités d'actions en amont, pour être prêts le jour J.

L'attention dans la durée : Un scénario est « vivant » il se nourri des réactions et actions des joueurs et il fourni des indices et éléments perdus dans la description et les parties sans intérêt. Il faut donc rester concentrés tout le long pour réussir à identifier ces informations importantes et les garder en mémoire pour pouvoir les manipuler.

La cohérence centrale : Particulièrement utile dans l'autisme. Dans les caractéristiques de l'autisme on retrouve souvent l'absence de cohérence centrale, c'est à dire qu'ils sont capables de voir tout un tas de petits éléments, mais pas de percevoir qu'ils font parti d'un tout. Tout est traité de manière individuelle sans cohérence des éléments. Dans le jeu de rôle ils vont devoir percevoir toutes ces informations disséminée mais également les organiser dans un tout cohérent pour résoudre le scénario.

L'imagination : Ai je vraiment besoin de développer ? De la construction de leur personnage, à la représentation de l'univers en passant par l'invention des possibilités... L'imagination est au centre de toute la partie. Et comme disait Albert Einstein (et, accessoirement, Terry Pratchett) : « L'imagination, c'est l'intelligence qui s'amuse ».

 

source : https://www.mamanestpsychomot.com/2018/06/07/le-jeu-de-r%C3%B4le-d%C3%A9veloppement-r%C3%A9%C3%A9duction-et-th%C3%A9rapie/